À Antony, 700 personnes répondent au rassemblement néonazi du C9M

Un mois après le défilé aux flambeaux du Comité du 9-Mai dans le parc de la Noisette, entre 500 et 700 personnes se sont rassemblées samedi 6 juin place du Marché, à Antony, à l'appel d'une quinzaine d'organisations. Une réponse citoyenne à un événement passé largement sous les radars.

Zone Habitable
3 min ⋅ 15/06/2026

Antony (Hauts-de-Seine), samedi 6 juin. Il est 11 heures quand les premiers drapeaux se déploient place du Marché (Patrick-Devedjian), en plein cœur de ville.

Dans la foule, on scande un slogan emprunté aux mouvements italiens qui s’étaient dressés contre Mussolini : “Siamo tutti antifascisti”.

On croisait des familles avec poussettes, des étudiants, des retraités, des syndicalistes, des élus locaux : entre 500 et 700 personnes selon les comptages des organisateurs.

L'origine de cette mobilisation remonte au 9 mai.
Ce jour-là, le défilé annuel du C9M (Comité du 9-Mai), organisation néofasciste, avait été interdit à Paris par la préfecture de police, une décision confirmée par le tribunal administratif puis par le Conseil d'État.

Le rassemblement a pourtant bien eu lieu, en banlieue sud.

Illustration de StreetPress du rassemblement du C9M à Antony et Verrières-le-Buisson le 9 mai 2026.Illustration de StreetPress du rassemblement du C9M à Antony et Verrières-le-Buisson le 9 mai 2026.

Selon StreetPress, plus de 500 militants d'extrême droite, venus de toute la France mais aussi d'Allemagne, de Pologne ou d'Italie, se sont retrouvés pour un concert de rock néonazi dans une salle privée de Verrières-le-Buisson, où des témoins décrivent une centaine de saluts nazis. Les participants ont ensuite défilé aux flambeaux dans le parc de la Noisette, à cheval sur Antony et Verrières.

Le déroulement de la soirée interroge.

  • Toujours selon StreetPress, un riverain a alerté le commissariat de Verrières, sans réponse, puis la police nationale d'Antony, sans qu'une patrouille ne se déplace.

  • Les organisateurs du rassemblement du 6 juin affirment de leur côté que la police, informée, s'est rendue sur place avant de repartir sans intervenir.

Dans les deux versions, le constat reste le même : des centaines de militants néofascistes ont pu défiler sans être inquiétés.

C'est ce qui a décidé partis de gauche, syndicats et associations du territoire (Parti communiste français, Les Écologistes, Génération·s, la France insoumise, le Parti socialiste, le PRG, Debout !, Les Amis de la Terre Val de Bièvre, SOS Racisme, la LDH, la CGT, la CFDT Hauts de Seine, la FSU, Solidaires 91, ATTAC 92, Sud, InterAsso UVSQ) à appeler à ce rassemblement unitaire aux côtés des élus d'Antony Terre Citoyenne, nombreux lors de ce rassemblement.

Près de 700 personnes se sont rassemblées, malgré la pluie.

Le rassemblement est parti de la place du marché Patrick Devedjian, et s’est mis en mouvement jusqu’à son arrivée devant la mairie, et s’est alors poursuivi avec plusieurs prises de parole, notamment celles de Julie Ozenne, députée écologiste de l’Essonne, Aurélien Saintoul, député La France insoumise des Hauts de Seine, Dominique Trichet-Allaire, conseillère départementale Les Écologistes des Hauts de Seine, et Guillaume Roubaud-Quashie, porte-parole national du PCF.

Emmanuelle Gouillart, élue Antony Terre CitoyenneEmmanuelle Gouillart, élue Antony Terre Citoyenne

Leur message : les rassemblements fascistes n'ont leur place ni à Antony, ni à Verrières, ni ailleurs.

À ce jour, la maire d’Antony, Aude Nodé-Langlois, et le député de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, Christophe Mongardien, qui ont été interpellés par les élu·es d’Antony Terre Citoyenne, n’ont toujours pas condamné publiquement ce rassemblement interdit du 9 mai.

La maire d'Antony, Aude Nodé-Langlois, n'a pas répondu aux appels à commenter le rassemblement du C9M ni à rejoindre le rassemblement protestant contre le rassemblement illégal du groupe néonazi.La maire d'Antony, Aude Nodé-Langlois, n'a pas répondu aux appels à commenter le rassemblement du C9M ni à rejoindre le rassemblement protestant contre le rassemblement illégal du groupe néonazi.

Les organisations mobilisées demandent des explications publiques sur les conditions dans lesquelles ce rassemblement a pu se tenir, ainsi que sur les suites qui seront données par les autorités compétentes. Les habitant·es doivent savoir comment un rassemblement néofasciste de cette ampleur a pu se tenir aux portes d’Antony et quelles mesures seront prises pour empêcher qu’une telle situation se reproduise.

Le cortège du 6 juin a rappelé que les groupes fascistes n’ont leur place ni à Antony, ni à Verrières-le-Buisson, ni ailleurs. L’extrême droite menace les libertés publiques, les droits sociaux, les associations, les syndicats, les personnes visées par le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, les LGBTphobies et toutes les formes de haine.

Au premier plan : Benjamin Burlon, élu Antony Terre Citoyenne. En arrière plan, à droite : Clare Donavan, élue Antony Terre Citoyenne.Au premier plan : Benjamin Burlon, élu Antony Terre Citoyenne. En arrière plan, à droite : Clare Donavan, élue Antony Terre Citoyenne.

David Mauger, élu Antony Terre CitoyenneDavid Mauger, élu Antony Terre Citoyenne

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Par Matthieu de Cremoux

J'analyse les systèmes qui nous soutiennent.

Citoyen engagé et libre de tout parti politique, j'écris pour décrypter les conditions d'habitabilité du monde : climat, tech et démocratie.

Une approche pour tenter, ensemble, de "partager le réel".

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