Un rapport du Haut-commissariat au Plan propose de fondre Paris et la petite couronne en une seule “Ville du Grand Paris” de 6,9 millions d'habitants, en 40 districts. Il pose deux vraies questions : l'équité et le millefeuille. Il en esquive deux autres, pourtant décisives : qui paie pour qui, et ce qui fait qu'on vit dans un quartier.
Le vote à l'Assemblée nationale est public. Il y en a eu 15 731 depuis 2017, tous documentés ligne par ligne, en open data. Et pourtant : impossible de tirer des conclusions. J'avais besoin d'un outil adapté à mes décryptages. Il n'existait pas. Alors je l'ai construit. monparlement.fr est en ligne : gratuit, sans tracking, vérifiable.
Un nouveau régime d'exception inscrit dans le code de la défense. Activable par décret, pour deux mois renouvelables indéfiniment, sans vote du Parlement. Présenté comme moins dangereux que l'état d'urgence. Il bouleverse en réalité l'équilibre de la Ve République.
La démocratie s'accommode très bien des avis contraires. Elle ne survit pas, en revanche, à la disparition du sol commun de faits sur lequel ces avis s'opposaient. C'est ce sol que nous sommes en train de perdre. Des solutions existent pourtant, de Taiwan à la Finlande. Et elles peuvent commencer en bas de chez nous.
Onze cas à bord d'un navire de croisière évacué aux Canaries, trois morts. L'hantavirus Andes ravive nos réflexes Covid : létalité 30 à 40%, ni traitement ni vaccin. Le risque global reste faible. Reste à savoir ce que ce foyer dit de notre transparence sanitaire et d'une coopération internationale en recul.
Interdite de travailler au Festival de Cannes au nom de la loi antiterroriste. Le tort de cette salariée ? Son engagement pour le climat. Jamais arrêtée ni jugée, elle est exclue sur simple avis administratif. Nous sommes déjà dans un système où le fichage de masse et l'arbitraire contredisent l'État de droit.
Pas de grand discours, pas de loi-cadre. Juste des appels d'offre de plus en plus fléchés, des budgets qui s'érodent, des agences indépendantes attaquées, et des mots dont on change le sens.
Ce que serait une France et une Europe en pointe d'une coalition post-énergies fossiles. Pourquoi ce projet est aussi désirable que stratégique. Et pourquoi il peut tenir, financièrement et politiquement, dans la décennie qui vient.
Non, il n'y aura pas de famine mondiale demain. Mais le blocage d'Ormuz révèle un système alimentaire sans filet : just-in-time, marchés financiarisés, dépendances cachées au gaz et au soufre du Golfe. À chaque caillou jeté dans l'engrenage, le risque s'amplifie. Et les cailloux se multiplient.
Le détroit d'Ormuz a déclenché ce que l'AIE qualifie de pire disruption énergétique jamais documentée, plus profonde que 1973, 1979 et 2022. Et nous ne la ressentons pas, telle la grenouille dans un eau que l'on porte à ébullition.
Les États-Unis et Israël ont frappé l'Iran. Trois doctrines stratégiques se télescopent, chacune avec sa logique propre. Un mois plus tard, le bouclier américain s'épuise, le blocus ne tient pas, le Liban se fracture, la Chine sourit. Et sous la surface, l'eau, les câbles sous-marins, le gaz et le pétrole pèsent autant que les discours.
Le gouvernement n'a pas obtenu du Parlement la modification de la loi sur le travail du 1er mai. Il annonce désormais qu'il n'en sanctionnera pas les contrevenants. À chaque fois qu'un exécutif s'autorise ainsi à suspendre la loi, il fragilise la digue qui protège, demain, contre ceux qui voudraient l'utiliser pour pire.
L'antisémitisme a explosé en France après le 7 octobre 2023 et reste à un niveau historiquement élevé. La loi Yadan, retirée le 16 avril, prétendait y répondre par de nouvelles incriminations floues. Mais l'arsenal pénal existant est déjà sous-exploité, et c'est une réponse qui rassemble contre toutes les haines qu'il faut construire.
On nous répète qu'il faut "réguler" les sangliers. On oublie de nous dire pourquoi ils pullulent. Rapide plongée dans un sujet où l'information cède le pas aux habitudes et où l'on combat les effets en évitant soigneusement les causes.