Interdite de travailler au Festival de Cannes au nom de la loi antiterroriste. Le tort de cette salariée ? Son engagement pour le climat. Jamais arrêtée ni jugée, elle est exclue sur simple avis administratif. Nous sommes déjà dans un système où le fichage de masse et l'arbitraire contredisent l'État de droit.
Cannes, (même pas encore le) premier jour (pour celles et ceux qui apprécient les références à la Cité de la Peur).
Festival de Cannes, 2025 : une salariée engagée pour le climat s'est vu interdire de travailler par la sous-préfecture de Grasse, au nom de la loi antiterroriste. Elle n'a jamais été arrêtée, jamais été condamnée. Pendant ce temps, 17 millions de personnes sont fichées par l'Intérieur.
Libération raconte cette histoire.
Tania (le prénom est modifié) travaille pour la Semaine de la critique du Festival de Cannes depuis 2012. Stagiaire, puis free-lance, elle s'apprêtait à entamer son premier CDD salarié au Festival.
La veille du départ, son employeur lui transfère un avis défavorable émis par la sous-préfecture de Grasse. Elle n'ira pas travailler.
Sa faute supposée, selon elle : avoir manifesté, notamment contre les mégabassines à Sainte-Soline, et s'être engagée en protection de notre environnement.
À Cannes, une salariée engagée pour le climat s'est vu interdire de travailler par la sous-préfecture de Grasse. Jamais arrêtée, jamais jugée, jamais condamnée. La décision est administrative, non motivée.
L'outil juridique mobilisé : la loi du 3 juin 2016 sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, appliquée au Festival de Cannes via un décret de 2021 qui l'a classé “grand événement”. Aux JO 2024, près de 4000 personnes ont été écartées par le même mécanisme.
Le fichier qui sert de base, le TAJ, recense 17 millions de personnes mises en cause et 48 millions de victimes. Il est interrogeable en temps réel par photo dans la rue depuis 2022, dans des conditions qu'une circulaire de l'Intérieur interdit pourtant et que le Ministère vise pourtant à industrialiser.
Deux poids, deux mesures : pendant ce temps, des hommes condamnés pour des crimes graves continuent d'exercer et l'exécutif invoque régulièrement la présomption d'innocence pour les siens.
Le mécanisme évoque celui du McCarthysme américain : listes administratives, avis défavorables, exclusions sans procès, par un pouvoir qui se présentait comme le parti de l'ordre et des libertés.
Tania n'a “jamais été arrêtée, ni placée en garde à vue, et encore moins fait l'objet d'un procès ou été condamnée”, indique son avocat dans le quotidien. La sanction est venue par lettre administrative. Et la salariée ne saura pas pourquoi : la loi de 2016 dispense la sous-préfecture de motiver l'avis. Son avocat le pose ainsi :
Cette loi va donc à l'encontre d'un principe fondamental dont dispose tout citoyen dans un État de droit : avoir accès aux éléments qui pourraient permettre à ma cliente d'organiser efficacement un recours en justice à la suite de cette décision.
Pour résumer : on perd son emploi, on ne sait pas pourquoi, on conteste à l'aveugle.
La loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme crée, à l'article L. 211-11-1 du code de la sécurité intérieure, un dispositif d'enquête administrative et d'avis sur les personnes qui souhaitent accéder à un “grand événement exposé à un risque exceptionnel de menace terroriste”. Un décret de 2021 a placé le Festival de Cannes dans cette catégorie. Le mécanisme vise, en théorie, les comportements “de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, à la sécurité publique, ou à la sûreté de l'État”. Dans le cas de Tania, ce sont des participations à des manifestations légales qui ont été retenues.
Sainte-Soline, Soulèvements de la Terre, Extinction Rebellion : ces noms reviennent. En 2024, près de 4000 personnes destinées à travailler sur les Jeux olympiques de Paris ont été écartées par criblage, selon Gérald Darmanin alors ministre de l'Intérieur. Parmi elles, on compte 257 personnes réputées islamistes radicales, 181 “militants politiques d'extrême gauche” et 95 d'extrême droite.
Ce dispositif est donc utilisé pour interdire l’accès à des lieux selon les opinions politiques - légales - des personnes. Et il s'inscrit dans un paysage plus large.
Le ministère de l'Intérieur s'appuie sur la cellule Déméter, créée en 2019 au sein de la gendarmerie par convention avec la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, une coopération institutionnalisée entre un syndicat agricole privé et l'État qui inclut la surveillance des opposants au modèle agricole intensif. En 2022, le tribunal administratif de Paris a jugé que la prévention par la gendarmerie “d'actions de nature idéologique” n'avait pas de base légale.
Reporterre a par ailleurs documenté des interrogatoires de militants écologistes dans lesquels les policiers les questionnent sur leur connaissance de “théories du désarmement” ou “d'ateliers du climat”. La Fresque du climat, suivie par plus de deux millions de personnes en France, n'est pas un mouvement militant mais un atelier de vulgarisation scientifique des travaux du GIEC.
Le périmètre du soupçon administratif s'étend ainsi à des dispositifs d'éducation à la science, dans un mouvement plus large d'attaque contre les producteurs de connaissance, que j'ai documenté plus en détail récemment.
Quelques ordres de grandeur, à partir de Libération, de Disclose et de la CNIL :
17 millions de personnes “mises en cause” sont fichées au Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), le fichier du ministère de l'Intérieur. Il liste notamment “toutes les personnes interpellées, même acquittées ou relaxées”.
48 millions de victimes y figurent également. Il n’est pas clair pour moi si la définition de deux groupes - victimes et “mises en causes” - sont exclusifs ou non, mais toujours est-il qu’on peut comparer ces ordres de grandeur aux 69 millions d’habitants, dont 55 millions d’adultes : on est à peu près tous fichés.
9 millions de personnes voient leurs données consultées chaque année via ce fichier, selon Libération.
Les fiches contiennent prénom, nom, adresse, date de naissance, mais aussi des informations sensibles : appartenance politique ou religieuse.
En octobre 2024, la CNIL a rappelé à l'ordre les ministères de l'Intérieur et de la Justice sur la mauvaise gestion du fichier.
Ce sont les sous-préfectures qui émettent l'avis défavorable du criblage : sans procès, sans avoir à le motiver.
Manifester est légal. Être interpellé sans suite ne crée aucune culpabilité juridique.
Le passage par le TAJ, lui, est durable, et un avis défavorable suffit à perdre un emploi.
En mars 2026, Disclose a révélé que la police utilise depuis 2022 un système de reconnaissance faciale embarqué sur ses smartphones de service (les terminaux NEO), branché directement sur le TAJ.
➡️ Une simple photo prise dans la rue, avec ou sans consentement, ouvre un accès en temps réel aux données.
L'usage est massif et hors la loi :
Le ministère de l'Intérieur interdit explicitement la reconnaissance faciale lors d'opérations de contrôle d'identité.
Un rapport de l'IGPN évoque pourtant dès 2023 des “consultations injustifiées” en augmentation du TAJ sur la voie publique. La sanction théorique pour utilisation illégale : cinq ans de prison, 300 000 € d'amende.
Les poursuites existent (en 2024, une gendarme a été condamnée à trois mois de prison avec sursis à Toulouse pour consultations illégales), mais elles restent marginales face à l'ampleur documentée des usages détournés.
Le ministère de l'Intérieur, plutôt que de freiner la pratique, prépare son industrialisation.
➡️ Un cahier des charges du secrétariat général du ministère, obtenu et publié par (encore) Disclose formalise la reconnaissance faciale sur le TAJ.
Le scénario s'est déjà joué pour d'autres dispositifs : usage illégal toléré, puis régularisé par la loi a posteriori.
Le même fichier qui permet à une sous-préfecture de signer l'avis défavorable de Tania permet aussi de l'identifier en temps réel dans la rue. Ambiance.
Des hommes condamnés pour des crimes ou délits graves ont continué d'exercer, parfois auprès de mineurs.
Joël Le Scouarnec, chirurgien, avait été condamné en 2005 pour détention d'images pédocriminelles. Il a continué d'exercer pendant 16 ans, auprès de centaines d'enfants.
Dominique Pelicot, avant l'affaire Mazan, avait été arrêté en 2010 pour avoir filmé sous les jupes de femmes dans un supermarché.
Jean-Marc Morandini a d’abord continué d'animer malgré sa condamnation (la chaîne demandait aux stagiaires mineurs de travailler depuis l’entresol, pour rester à distance de l’animateur).
La présomption d'innocence, principe juridique fondamental, est régulièrement invoquée dans l'espace public par l'exécutif. Une chronologie :
2018 - Alexandre Benalla.
Après les violences du 1er mai 2018, où le chargé de mission de l'Élysée frappe des manifestants en se faisant passer pour un policier, Emmanuel Macron déclare une phrase qui est restée dans les mémoires : “Le seul responsable, c'est moi”. Il ajoute surtout : "Personne dans mon cabinet n'a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais."
2018 - Nicolas Hulot.
Pendant son ministère, Emmanuel Macron lui assure publiquement sa confiance à plusieurs reprises : “Nicolas Hulot a ma confiance” (2018). Nicolas Hulot démissionne effaré par les accointances entre les représentants de la chasse et le gouvernement. Il sera plus tard condamné.
2020 - Gérald Darmanin.
Emmanuel Macron le nomme ministre de l'Intérieur, alors qu'il est visé par une plainte pour viol déposée en 2017. Le président affirme : “Je suis le garant de cette présomption d'innocence”. Le dossier d'instruction contient pourtant un échange de SMS daté du 17 décembre 2009, révélé par Mediapart.
La plaignante écrit à Gérald Darmanin :
Abuser de sa position. Pour ma part, c'est être un sale con. (...) Quand on sait l'effort qu'il m'a fallu pour baiser avec toi. Pour t'occuper de mon dossier.
Moins de deux heures plus tard, le futur ministre répond :
Tu as raison, je suis sans doute un sale con.
Comment me faire pardonner ?
Le cadre posé par la plaignante (“abuser de sa position” pour obtenir un rapport sexuel “pour t'occuper de mon dossier”) n'est pas discuté.
La justice n'a pas pu établir la culpabilité de Gérald Darmanin pour viol, malgré les pièces versées au dossier : un non-lieu a été prononcé en 2022, confirmé en appel en 2023.
Le volet trafic d'influence a été classé sans suite par le parquet de Paris en 2020, sans aller devant un juge d'instruction.
2023 - Gérard Depardieu.
L'acteur est visé par plusieurs plaintes pour viol et agression sexuelle. Sur France 5, Emmanuel Macron demande aux journalistes de l’interroger au sujet de Depardieu (le thème de l’interview que demandaient les journalistes étaient la loi immigration, que le président appelait à voter, malgré son caractère non-constitutionnel que le Président assumait).
Il évoque à titre personnel et “au nom de tous les français” un comédien qui “rend fière la France”, et désavoue publiquement sa ministre de la Culture Rima Abdul Malak, qui voulait engager une procédure devant la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur comme le prévoit son code.
Quelques jours plus tard, la nouvelle ministre déléguée à l'Égalité Aurore Bergé affirme n'avoir “jamais entendu” Emmanuel Macron exprimer “un quelconque soutien” à Depardieu.
Plus tard, Macron lui-même soutiendra n'avoir “jamais défendu un agresseur face à des victimes”.
Quelques jours plus tard, la ministre Rima Abdul Malak est écartée du gouvernement.
2025 - Ary Abittan.
Quatre militantes féministes interrompent un spectacle de l'humoriste pour rappeler l'accusation de viol qui l'avait visé. L'instruction n'a pas pu prouver sa culpabilité, malgré les éléments matériels qui pèsent lourdement sur Ary Abittan dans le dossier ; un non-lieu a été prononcé, confirmé en appel en janvier 2025 (il n’a donc pas été acquitté). Brigitte Macron, présente dans la salle, les qualifie de “sales connes”.
Défendre la présomption d’innocence est quelque chose de précieux.
Défendre des personnes dont le comportement est réputé contraire à la morale voire à la légalité est questionnable.
Invoquer la présomption d’innocence pour les uns, et punir pour leurs opinions celles et ceux qui n’ont jamais été poursuivis (ni condamnés, a fortiori), sans passer par un juge, c’est problématique dans un État de droit.
L'avis défavorable de la sous-préfecture est une décision administrative.
Aucun juge n'a tranché.
Aucun élément n'a été contradictoirement débattu.
Le fondement reste secret.
Le droit dont Tania est privée, travailler, figure parmi les droits fondamentaux protégés par la Constitution (préambule de 1946, alinéa 5) et par l'article 23 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Or, un exécutif peut, dans le cadre légal actuel français, suspendre l'exercice d'un droit fondamental sur un motif non communiqué à l'intéressée, sans saisine du juge, sans procès, et sans voie de recours efficace. Pour des opinions politiques.
L'exécutif actuel se présente comme libéral, modéré, attaché aux libertés, parti de la raison.
Pourtant, une salariée perd son emploi pour ses opinions, sans procès ni motivation.
Près de 4000 personnes ont été écartées des Jeux olympiques sur des grilles dans lesquelles “militant politique” devient une catégorie de risque.
Un fichier qui recense la très grande majorité de la population française est consulté par reconnaissance faciale, en violation des directives du Ministère, qui demande néanmoins l’industrialisation de cette capacité.
Des chercheurs et des scientifiques sont qualifiés de “militants” par des élus qui contredisent leurs données.
Une ministre de la Culture qui appelle à retirer la Légion d'honneur à un acteur visé par plusieurs plaintes pour viol est écartée du gouvernement.
Ce n’est pas une dystopie.
C’est l’état actuel du droit.
Aux États-Unis des années 1950, des citoyens ont été écartés de la fonction publique, du cinéma, de l'enseignement, sur la base de listes administratives qui les désignaient comme communistes ou sympathisants.
Sans procès, sans contradiction, sans recours utile. C’était le McCarthysme.
Le pouvoir qui l'a mené se présentait comme parti de l'ordre, de la modération, de la défense des libertés.
L'ampleur, en France aujourd'hui, n'est peut-être pas la même.
Le mécanisme l'est : une liste administrative, un avis non motivé, une exclusion de l'emploi, une grille qui assimile l'opinion politique (écologiste, féministe, scientifiquement étayée) à une catégorie de risque ce qu’une loi antiterroriste permet.
Et cela se passe maintenant, dans une démocratie qui se réclame du libéralisme.
Aujourd'hui, ce dispositif est manié par un exécutif qui se réclame de la modération et de la raison, porté par des représentants qui parlent avec douceur au micro des journalistes. L’usage de ces dispositifs est discret et toléré dans le débat public. Tout aussi contraire à nos principes fondateurs soient-ils.
La règle, elle, ne devrait pas dépendre de celui qui l'applique.
Un cadre légal qui autorise un préfet à exclure quelqu'un du travail sans procès et sans recours efficace ne demande, pour produire des dégâts plus lourds encore, qu'une volonté politique différente.
L'outil est déjà là, préparé sous la présidence Hollande.
Affûté et utilisé contre les adversaires politiques sous la présidence Macron.
Prêt à l'emploi par les suivants, quels qu’ils soient.
Si un pouvoir qui se présente comme tolérant exclut déjà des manifestants écologistes du marché du travail au nom de la lutte antiterroriste, la question raisonnable est : qu'en fera, demain, l’exécutif suivant ?
J'ai déjà tenté de cartographier comment la verticalité française fabrique le désir d'homme providentiel, jusqu'au consentement à la surveillance et à la violence d'État, ce qui décrit là où nous en sommes déjà, à petite échelle.
Le fait que la dangerosité pour nos droits fondamentaux dépendent d’un vote plébiscitaire et non plus de notre loi fondamentale est un problème majeur.
Deux chantiers s'ouvrent, et ils ne se confondent pas :
Les choix présidentiels, et les majorités qui en découlent, décident en pratique quels citoyens l'État peut écarter pour leurs convictions (écologistes ou autres).
Et tous les risques politiques ne se valent pas.
Désigner des opinions politiques comme catégories de risque administratif n'est pas une invention récente.
En 2020-2021, le même exécutif avait fait de “l'islamo-gauchisme” un ennemi interne supposé, allant jusqu'à demander au CNRS une enquête, bien que cela “ne corresponde à aucune réalité scientifique”.
L'historien Damon Mayaffre a placé ce vocable en parallèle structurel avec le “judéo-bolchévisme” de l'entre-deux-guerres. Sans recouvrement (la portée ne serait-ce qu’en vies humaines de l’une et l’autre expression est incomparable), et pourtant une même fonction politique : désigner un ennemi intérieur composite pour justifier des mesures qu'on n'aurait pas justifiées autrement.
Et la Ministre Aurore Bergé citait il y a quelques semaines Charles Maurras en parlant du parti de l’Anti-France, expression désignant alors comme “ennemis de l’intérieur” : juifs, franc-maçons, métèques et protestants.
Certains candidats au pouvoir législatif répètent que “la loi est trop molle”, qu'elle empêcherait l'État d'agir efficacement contre les menaces.
C'est aussi ce que Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, reprochait à Marine Le Pen lors de leur débat sur France 2 en février 2021 : il la trouvait “trop molle” sur la laïcité et l'islamisme, et l'invitait à “prendre des vitamines”.
Le ministre chargé d'appliquer la loi Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme exigeait alors, depuis la majorité présidentielle, plus de fermeté que l'extrême droite.
L'exemple de Tania démontre l'inverse : la loi actuelle permet déjà à un préfet d'exclure du travail, sans procès, sans motif communiqué, sans recours efficace, une salariée qui n'a jamais été condamnée.
C'est l'excès de pouvoir administratif sans contrepoids qui représente aujourd’hui un danger immédiat ; son durcissement en aggraverait les effets.
Attendre d'un nouvel exécutif qu'il s'abstienne d'utiliser des armes que les institutions lui tendent est un pari fragile, et mortellement dangereux.
L'histoire de Tania n'est pas une anomalie ; c'est l'application stricte du droit actuel.
Une loi pensée contre le terrorisme permet désormais à l’administration de priver une citoyenne de son emploi pour ses opinions écologistes.
Le fichier TAJ, couplé aux technologies de reconnaissance faciale, s'est transformé en un instrument de tri politique.
Tout cela s'opère sans juge, sans débat contradictoire et sans recours efficace.
Pour Bruno Retailleau, “l’État de droit n’est ni intangible, ni sacré”.
Qu’il soit rassuré, le danger n'est plus hypothétique : l'arsenal répressif est déjà banalisé contre les mouvements sociaux.
La question n'est plus de savoir si cet outil peut être retourné contre nos libertés - il l’est, mais comment nos institutions pourront le démanteler avant qu'un exécutif plus autoritaire ne s'en empare pleinement.
Lisons. Votons.