Kessel

La France a perdu la guerre en Ukraine (ce titre serait-il un clickbait ?)

Série d'été. La France a combattu en Ukraine. Nos livres d'histoire n'en parlent pas, aucune rue ne porte le nom de ces batailles. Ce sont bien les signes d'une défaite. Laquelle ? L'histoire des marins qui ont dit non en 1919 raconte le siècle qui s'ouvrait alors : celui de la peur d'une alternative au capitalisme.

Zone Habitable
8 min ⋅ 12/07/2026

Salut à toutes et à tous,

La France a combattu en Ukraine.
Je ne parle pas de conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Je nous invite à remonter jusqu’en 1919.

Sébastopol, vers 1905Sébastopol, vers 1905

Des cuirassés français ont mouillé devant Sébastopol et Odessa, des régiments français ont tenu des positions à Kherson et sur le Dniestr, des marins et des soldats français y sont morts.

Cette histoire est absente de nos manuels scolaires, et les plaques de rues ne l’évoquent pas. C'est donc une défaite, on s'en doute.

  • Les nations savent quoi faire de deux sortes de guerres : les victoires, qu'elles célèbrent, et les défaites spectaculaires, qu'elles instruisent. 1870, 1940, Diên Biên Phu : des procès, des dates, des rayonnages entiers.

  • Restent les défaites silencieuses. Une défaite n'existe vraiment que si une grille de lecture est disponible pour la raconter ; en avril 1919, j'essaierai de le montrer, cette grille n'existait pas encore.

Or ce moment effacé ouvre quelque chose d'immense. J'intuite, et je vais tenter de l'étayer, que l'hiver 1918-1919 voit naître un réflexe qui structurera le XXe siècle entier : endiguer, partout et d'abord, toute alternative au capitalisme. Cette peur justifiera des interventions, des répressions, des alliances avec des dictatures. Elle disciplinera aussi nos économies, au point de rendre possibles les compromis sociaux d'après-guerre. Puis elle s'éteindra en 1991, et nous vivons depuis dans le monde qu'elle a cessé de verrouiller.

La mer Noire est le premier chapitre de cette histoire.
L'Ukraine de 2026 en est, pour l'instant, le dernier.


⏱️ L'essentiel en 30 secondes

  • Décembre 1918.
    La France débarque à Sébastopol et Odessa pour épauler les armées blanches contre les bolcheviks. Environ 12 000 hommes engagés sur les théâtres russes, sans vote du Parlement : Clemenceau décide seul.

  • Avril 1919.
    Les équipages se mutinent : drapeau rouge sur le cuirassé France, l'Internationale à Sébastopol, un mort le 20 avril. André Marty est condamné à 20 ans de travaux forcés, amnistié en 1922.

  • Ni mythe ni modèle.
    Le bolchevisme qu'on les envoie combattre est déjà un régime de terreur (Tchéka, Terreur rouge). Sa force historique tiendra moins de la séduction que du statut de concurrent systémique.

  • Le premier containment.
    Endiguer l'alternative devient le réflexe occidental dès 1918-1919, trente ans avant que Kennan ne le codifie.

  • Un siècle discipliné.
    La peur du concurrent soviétique pousse aux compromis : fordisme, État social, prélèvements passés de moins de 10% avant 1914 à 40-50% dans les années 1970-1980.

  • 1991, le frein saute.
    La financiarisation amorcée dès 1979 (Volcker, Reagan-Thatcher, Big Bang) s'accélère sans contrepoids, l'extractivisme s'étend aux espaces ex-soviétiques.

  • 2022-2026, le miroir.
    D'autres conscrits meurent en Ukraine sans qu'on leur explique pourquoi, russes cette fois. En France, l'engagement croissant se décide sans vrai débat parlementaire. Le miroir n'excuse rien : il interroge qui décide, et qui meurt.



1. Sébastopol, Odessa : qu'allait-on faire en mer Noire ?

L'armistice de Rethondes n'a pas cinq semaines quand la 2e escadre française entre en mer Noire : Sébastopol le 13 décembre 1918, Odessa le 18, Nikolaïev et Kherson en janvier.

Vous le saviez ? Moi, non plus.
L'amiral Amet commande les coques, Franchet d'Espèrey les troupes débarquées : infanterie coloniale, tirailleurs sénégalais sur le Dniestr, Légion étrangère. La mission, jamais énoncée devant les Chambres : appuyer les armées blanches contre la Russie bolchevique, dans une guerre civile qui n'est pas la nôtre.

Trois mobiles s'empilent.

  1. Le partage des vainqueurs.
    Dès décembre 1917, une convention franco-britannique découpe le sud de l'ex-empire russe en zones d'action : Ukraine et Crimée côté français, Caucase côté britannique.

  2. L'argent.
    Les emprunts russes : environ 15 milliards de francs-or souscrits par 1,5 million de porteurs français, répudiés par décret bolchevik en février 1918. Le contentieux ne sera soldé, modestement, qu'en 1997.

  3. L'idéologie.
    Contenir la contagion révolutionnaire avant qu'elle ne gagne des sociétés européennes épuisées par quatre ans de guerre.

L'effort est interallié, et la France y est presque modeste (tableau d'ensemble) :

  • 🇫🇷 France
    environ 12 000 hommes répartis entre les trois théâtres (Nord, Sud, Sibérie) ; en mer Noire, trois divisions françaises épaulées par trois divisions grecques. Le général Berthelot estimait qu'il en faudrait vingt.

  • 🇬🇧 Royaume-Uni
    environ 40 000 hommes.

  • 🇯🇵 Japon
    28 000 à 70 000 hommes selon les phases, en Sibérie.

  • 🇬🇷 Grèce
    23 351 hommes.

  • 🇺🇸 États-Unis
    environ 13 000 hommes.

  • 🇨🇿 Légion tchécoslovaque
    environ 50 000 hommes le long du Transsibérien.

Et le Parlement ?

Rien. Pas de déclaration de guerre, pas de vote d'engagement. Clemenceau décide seul, les Chambres suivent de loin, Marcel Cachin mène la dénonciation dans L'Humanité et dépose une motion de censure restée sans suite. Pendant ce temps, le 58e régiment d'infanterie tient Tiraspol, le 176e Kherson, le 19e d'artillerie Odessa : des appelés français, sur le sol de l'actuelle Ukraine et à ses marges immédiates, dans une guerre jamais déclarée.


2. Avril 1919 : les marins disent non

Ces équipages naviguent en guerre depuis 1914. L'armistice a cinq mois, la démobilisation s'éternise, et on leur demande une guerre de plus, contre un ennemi nouveau, pour des motifs que nul ne leur expose. Le refus s'embrase en quelques jours, ce sont les mutineries de la mer noire.

  1. 16 avril 1919
    À Galatz, sur le Danube, l'ingénieur mécanicien André Marty prépare une mutinerie à bord du Protet. Dénoncé, il est arrêté avant d'avoir pu agir.

  2. 19 avril 1919
    À Sébastopol, l'équipage du France refuse une corvée de charbon programmée pour le dimanche de Pâques. La protestation gagne le Jean Bart. Drapeau rouge à la corne, Internationale sur les ponts.

  3. 20 avril 1919
    Le mouvement s'étend au Vergniaud, au Mirabeau, à la Justice. À terre, un cortège de marins et d'ouvriers est pris sous le feu de troupes grecques et d'une patrouille française : un mort et cinq blessés côté français.

  4. 26-28 avril 1919
    L'agitation gagne le Waldeck-Rousseau devant Odessa.

  5. Juin 1919
    Le Guichen à Itéa, la Provence à Toulon : la contestation suit les coques jusqu'en métropole.

Les revendications mêlent trois registres : l'épuisement (cinq années de guerre), l'ordinaire (la nourriture, les corvées, les permissions) et le refus politique d'une expédition jamais expliquée.

Clemenceau avait autorisé l'évacuation d'Odessa dès le 1er avril, achevée le 6. Les mutineries n'ont pas déclenché le retrait à elles seules ; elles l'ont rendu irréversible, et elles ont fixé le prix politique de ce genre d'aventure.

La répression suit. Marty est jugé le 11 juin, condamné le 5 juillet à vingt ans de travaux forcés. L'amnistie de juillet 1922 clôt le dossier ; il sort de Clairvaux un an plus tard, déjà transformé en icône par le jeune Parti communiste. L'homme de la mer Noire servira de légende, ce qui n'aidera pas, on va le voir, à raconter l'histoire complète.


3. Le bolchevisme d'en face

Le régime que ces marins refusent de combattre est déjà, en 1919, un régime de terreur :

  • La Tchéka est créée dès décembre 1917 : 600 agents en mars 1918, 40 000 à la fin de la même année, 280 000 début 1921.

  • Le décret du 5 septembre 1918 institutionnalise la Terreur rouge après l'attentat contre Lénine : 1 300 “otages bourgeois” massacrés à Petrograd et Kronstadt en quelques jours, 10 000 à 15 000 exécutions en deux mois.

  • Pour 1918-1922, les fourchettes vont de 37 300 exécutions documentées pour la seule Tchéka à 140 000 chez Richard Pipes. Nicolas Werth évoque des “dizaines de milliers d'otages exécutés” et des “centaines de milliers de paysans massacrés”.

  • Le communisme de guerre ramène la production industrielle à 12% de son niveau de 1913 ; l'Armée rouge compte ses déserteurs par millions.

  • La famine de 1921-1922 touchera 20 millions de personnes et en tuera 3 à 5 millions.

Et l'Occident sait, très tôt. Bertrand Russell rentre de Moscou et écrit dès 1920 : “le spectacle de la Russie actuelle m'a forcé à ne plus croire aux méthodes bolchéviques”. H.G. Wells publie la même année sa Russie dans l'ombre. Or en décembre 1920, au congrès de Tours, 3 208 mandats contre 1 022 choisissent l'adhésion à la IIIe Internationale. L'attraction tient, malgré les faits disponibles sur la conduite autoritaire et criminelle en Russie.

D'où la distinction qui commande tout le reste de cet article : ce que la Russie soviétique apportera à l'Occident ne tiendra jamais de la séduction d'un modèle. Mais parce qu’elle forme un concurrent systémique, et une menace crédible. Le siècle va se jouer sur cette nuance.


4. La défaite dont personne n'a fait un récit

  • En 1940, l'effondrement trouve ses boucs émissaires en quelques semaines : les “judéo-bolchéviks”, le Front populaire, les femmes au travail, la “faiblesse morale”.

  • En 1919, la défaite de la mer Noire n'accuse personne, n'inculpe personne, ne produit aucun récit.

Trois explications s'emboîtent.

  1. La grille n'existe pas encore.
    Paul Hanebrink l'a montré (A Specter Haunting Europe, Harvard, 2018) : le “judéo-bolchevisme” comme opérateur politique se stabilise dans les années 1920-1930. Les Protocoles des Sages de Sion ne circulent massivement qu'à partir de 1920, Henry Ford publie The International Jew en 1920-1922. En avril 1919, l'outillage rhétorique du bouc émissaire bolchevique est encore en cours d'assemblage.

  2. La défaite est silencieuse.
    Aucun territoire perdu, aucune colonne de réfugiés, aucun scandale public. Une évacuation discrète, des conseils de guerre, puis plus rien.

  3. Le récit complet n'arrange personne.
    La droite devrait raconter une croisade ratée. La gauche socialiste devrait assumer une sympathie révolutionnaire devenue encombrante. Le futur PCF préférera l'icône Marty au bilan stratégique. Trois amnésies qui s'additionnent font un siècle d'oubli.


5. Le premier containment

Juillet 1947 : George Kennan publie l'article X et donne un nom à l'endiguement. L'histoire officielle de la guerre froide commence là. Mais le réflexe précède la doctrine de trente ans. Dès l'été 1918, Wilson expédie 5 000 hommes à Arkhangelsk et 8 000 à Vladivostok ; les Alliés convergent en mer Noire dans le mois qui suit l'armistice. John Lewis Gaddis lit d'ailleurs Kennan comme l'aboutissement doctrinal d'une inquiétude née en 1917-1918 (Strategies of Containment, 1982).

L'expédition de la mer Noire est la première exécution d'un programme qui ne sera mis en mots que trente ans plus tard. Endiguer d'abord, théoriser ensuite. Le réflexe survivra d'ailleurs à l'URSS elle-même : j'écrivais en janvier ce que l'intervention américaine au Venezuela devait à cette grammaire de blocs.


6. Le siècle discipliné par la peur

Que fait la peur d'un concurrent systémique à une économie de marché ?
La même chose qu'un radar en bord de route : personne ne l'aime, tout le monde ralentit.

Thomas Piketty attribue une bonne part de la compression des inégalités entre 1914 et 1980 à “la formidable contestation” socialiste et communiste. Les chiffres donnent l'échelle : moins de 10% de prélèvements obligatoires avant 1914, 40 à 50% dans les années 1970-1980. Compromis fordiste, sécurité sociale, cogestion : autant de concessions plus faciles à arracher quand un contre-bloc campe à l'Est et que les classes dirigeantes redoutent la contagion. Ce compromis est l'autre nom du contrat social dont j'ai décrit la rupture américaine.

Deux précautions, pour ne pas écrire l'histoire au marteau :

  • L'État social précède Octobre 1917.
    Bismarck légifère sur l'assurance maladie et les retraites dès 1883-1889, la France légalise les syndicats en 1884. La pression communiste n'a rien créé de toutes pièces ; elle a accéléré et durci des dynamiques antérieures.

  • Le mécanisme n'est pas monocausal.
    Peter Baldwin (The Politics of Social Solidarity, 1990) montre des États sociaux issus de coalitions complexes, où les classes moyennes pèsent autant que la peur du rouge ; Eric Hobsbawm range, dans Age of Extremes, les échecs du socialisme d'État et ceux du capitalisme sur un même rayon.

Reste le fait massif : tant que l'alternative existe, fût-elle repoussoir, le capitalisme occidental se surveille.


7. 1991 : le frein saute

La financiarisation ne naît pas en 1991. Greta Krippner date la bascule du choc Volcker d'octobre 1979, Reagan et Thatcher dérégulent au long des années 1980, le Big Bang libéralise la City en 1986, et Duménil et Lévy parlent d'un “coup néolibéral” daté de 1979 (Capital Resurgent, 2004). 1991 ne déclenche rien. 1991 retire le dernier contrepoids.

La séquence a la cohérence d'un verrou qui saute :

  1. 1989.
    Fukuyama publie “The End of History?” ; John Williamson met un nom sur le “Washington Consensus”.

  2. Années 1990.
    Thérapie de choc en Russie : quelque 15 000 entreprises privatisées en quelques années, et la naissance des oligarques. L'ironie est lourde : la privatisation fabrique les fortunes qui consolideront le régime de Vladimir Poutine.

  3. La même décennie.
    L'OTAN s'élargit à l'Est, nourrissant la rancœur russe, utilisée comme prétexte pour envahir l’Ukraine, 3 décennies plus tard.

  4. 1999.
    Le Gramm-Leach-Bliley Act abroge le Glass-Steagall de 1933, par 90 voix contre 8 au Sénat américain. Le verrou bancaire saute huit ans après le verrou géopolitique.

Wolfgang Streeck décrit la suite côté occidental (Du temps acheté) : l'État fiscal devient État débiteur, puis État de consolidation, plus attentif à ses créanciers qu'à ses électeurs. Mark Fisher nommera le climat mental qui en résulte : le réalisme capitaliste, résumé d'un aphorisme, “il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme”.

Côté ressources enfin, l'ouverture simultanée des espaces ex-soviétiques et chinois livre au capital global des continents de main-d'œuvre, d'hydrocarbures et de minerais. Ce que la grammaire des blocs verrouillait, sa disparition le déverse d'un coup.


8. Retour en mer Noire : ce que le miroir dit, ce qu'il ne dit pas

Les miroirs historiques sont des instruments dangereux : on y voit ce qu'on y apporte. Posons les limites avant de regarder l'image.

Propos liminaire : ce que le miroir ne montre pas

  • Aucune équivalence entre les États.
    1919 : une intervention française dans une guerre civile étrangère, sans déclaration de guerre.
    2022 : l'invasion d'un État souverain dont Moscou avait reconnu les frontières.
    Le parallèle des situations ne crée aucune symétrie des responsabilités, et rien dans cet article n'excuse l'agression russe.

  • Des pôles idéologiques presque inversés.
    La Russie de 1919 se disait révolutionnaire et exportait un futur.
    Celle de 2022 se veut réactionnaire, gardienne d'une “exceptionnalité civilisationnelle” analysée par Marlène Laruelle. Quant à la “dénazification”, Anna Colin Lebedev rappelle qu'elle ne désigne aucune réalité : le mot sert à nier la légitimité même de l'État ukrainien.

Ce que le miroir révèle

Des hommes envoyés mourir dans une guerre qu'on ne leur explique pas, par un pouvoir qui ne demande son avis à personne.

Les conscrits russes de 2022-2026 et les marins français de 1919 se ressemblent par le statut : variables d'ajustement d'une grammaire idéologique qu'on ne leur a pas soumise.

Et nous ?

La France n'envoie pas de conscrits en Ukraine, et rien n'indique qu'elle s'apprête à le faire. Observons plutôt la manière dont se décide notre engagement, réel et croissant : canons CAESAR, AMX-10 RC, une centaine de missiles SCALP, cinq Mirage 2000-5F, plus de 20 000 soldats ukrainiens formés.

Prenons l'hypothèse la plus favorable : l'exécutif estime que l'ambiguïté protège, que l'urgence commande, que l'aide à l'Ukraine est moralement juste. Je crois cette aide défendable, sans ambiguïté. Mais la justesse d'une cause ne dispense pas du débat ; elle l'exige.
Une démocratie qui arme sans débattre n’est pas une dictature pour autant. Elle s'habitue seulement à décider de la guerre par communiqué, et cette habitude nourrit la verticalité dont j'ai décrit le piège ailleurs. De loin, mais distinctement, elle ressemble à celle qui expédiait Marty à Galatz sans qu'aucune Chambre n'ait rien voté.


9. Ce qu’il nous reste de la mer Noire

Nous héritons d'un siècle que la peur d'une alternative a structuré de bout en bout. Elle a armé des expéditions, justifié des répressions, discipliné des économies ; son extinction a déverrouillé ce que nous appelons mondialisation. Et le premier chapitre de cette histoire dort dans un hiver 1918-1919 dont nos manuels ne disent rien.

La question que les mutins nous laissent ne se formule pas en “pour ou contre l'aide à l'Ukraine”. Elle tient en trois questions courtes, qui traversent le siècle en pesant toujours sur les épaules de ceux qui n'ont rien décidé :

  • Comment décide-t-on ?

  • Qui décide ?

  • Qui meurt ?

Et puisque tous les risques politiques ne se valent pas, celui d'une démocratie qui s'habitue à guerroyer sans mandat me semble mériter le haut de la pile.

Une rue au nom des mutins ne changerait rien à Sébastopol.
Un vote au titre de l'article 35 changerait quelque chose à Paris.

Parce qu'une défaite oubliée n'enseigne rien, lisons cette histoire oubliée. Réclamons les votes que notre Constitution prévoit. Comptons les morts, même lointains, ukrainiens comme russes.

Zone Habitable

Par Matthieu de Cremoux

J'analyse les systèmes qui nous soutiennent.

Citoyen engagé et libre de tout parti politique, j'écris pour décrypter les conditions d'habitabilité du monde : climat, tech et démocratie.

Une approche pour tenter, ensemble, de "partager le réel".

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