Candidat aux municipales à Antony sur la liste Antony Terre Citoyenne, je fais face à une question récurrente : "Quoi, il y a LFI ?". Cette question est légitime. L'enjeu est pourtant ailleurs.
Salut à toutes, et à tous,
Deuxième épisode d’une série de 3 articles rapprochés (que j’espère courts, cette fois), inhabituels au sein de cette infolettre, car concentrés sur une élection municipale. L’occasion de plonger plus proche encore des rouages concrets ce qui conditionne la manière dont nous gérons collectivement 70% de la dépense publique : comment nous choisissons nos maires.
Cet article comporte des graphiques interactifs - je vous invite donc à le lire dans votre navigateur et non pas dans votre boîte mail.
Depuis que je suis candidat aux municipales à Antony, une question revient avec une régularité déconcertante. Pas “quel est votre programme ?”, pas “que proposez-vous pour les écoles ?” ni “comment comptez-vous financer un centre de santé ?”. Non. La question, c’est : “Quoi, il y a LFI ?”
Alors oui. Et je vais vous expliquer pourquoi j’aimerais que l’on me pose d’autres questions d’abord.
Antony Terre Citoyenne est la seule liste à avoir produit un programme précis, engageant, adossé à une enquête de terrain menée auprès de plus de 1 000 Antoniens et Antoniennes et élaboré avec un économiste.
Ce programme, c’est un Centre Municipal de Santé pluridisciplinaire sans avance de frais, dans une ville où l’accès aux soins se dégrade. C’est aller vers le 100% bio et local dans les cantines scolaires. C’est la rénovation des écoles, là où il fait aujourd’hui 32°C dans les classes les jours chauds, en moyenne journalière : y aller vraiment, en commençant dès maintenant sans attendre un grand plan de rénovation global sans cesse repoussé : à Antony, ça ne devrait pas être aux parents de se cotiser pour acheter des ventilateurs portatifs pour les salles de classe ! C’est l’encadrement des loyers, des axes cyclables sécurisés ET des bus ET un plan de circulation revu pour que tous puissent correctement circuler, mais aussi des crèches qui rouvrent les places fermées faute de personnel. C’est un droit d’interpellation citoyenne, des assemblées de quartier, un vrai pouvoir donné aux habitants. Aujourd’hui, le maire concerte, puis fait l’inverse.
Aucune autre liste ne propose un tel programme, au service des besoins des habitants.
À Antony, la droite gouverne sans interruption depuis 1983. Jean-Yves Sénant est maire depuis plus de vingt ans. Il a été réélu trois fois au premier tour. Et pour 2026, il a annoncé son intention de “passer le relais” en cours de mandat à son ancienne directrice de cabinet - une personne qui n’est ni élue à Antony, ni même habitante de la commune. Autrement dit : on vous demande de voter pour un maire qui ne compte pas finir son mandat, afin d’installer à la tête de votre ville quelqu’un que vous n’avez pas désignée comme maire et qui n’y vit pas. Quant à lui, il deviendrait premier adjoint. Un changement de titre, pas de pouvoir. On peut s’interroger sur la conception de la démocratie locale que cela révèle.
Pour que notre programme existe autrement que sur le papier, il faut gagner une élection.
Et pour gagner une élection face à un sortant ancré depuis quatre décennies, il faut d’abord le contraindre à un second tour, puis l’emporter.
Plus les forces qui partagent une même vision de la ville sont unies, plus les chances d’alternance sont réelles.
À Antony, en 2026, la configuration est inédite : la droite se divise en plusieurs listes, dont celle de la première adjointe au maire sortant, en désaccord pour la suite. La liste du maire sortant et la liste dissidente de son adjointe promettent néanmoins, avec un même slogan, la continuité.
C’est la première fois en quarante ans que cette fenêtre s’ouvre.
Ne pas la saisir serait desservir l’intérêt des habitants, qui ont besoin d’une ville adaptée au climat à venir, où la santé prime, où les habitants et habitantes renouent avec l’usage de la démocratie, et où le lien peut être rebâti dans une ville plus juste, de nouveau au service de tous et toutes.
L’union que nous avons construite n’est pas un accord de circonstance. Elle a été fondée en 2019, elle a été renouvelée en 2025 sur la base d’un programme discuté pendant des mois, construit par des dizaines de contributeurs, validé par l’ensemble des composantes du collectif, soutenu par les 250 membres du collectif, et appuyé d’une grande enquête menée auprès de plus de 1 000 habitants d’Antony.
Quand on parle d’écoles, de santé, de propreté, de transports ou de démocratie locale, les non encartés, les personnes dans chacun des partis, tous et toutes se retrouvent alignés.
Ce qui compte à l’échelle municipale relève de la vie quotidienne, pas des controverses nationales.
Cette union repose sur une charte de déontologie que chaque candidat a signée. Mais la charte ne fait que formaliser ce qui nous rassemble déjà. Nous sommes de gauche : nous sommes par nature engagés contre les rapports de domination, sous toutes leurs formes. La violence n'a pas sa place parmi nous, et nous la condamnons.
Nos candidats sont vos voisins : des enseignants, des ingénieurs, des retraités, des étudiants, des travailleurs sociaux, des parents d'élèves. Des gens qui veulent apaiser leur ville, pas l'enflammer.
Et en attendant, les seuls menacés de mort dans cette campagne municipale, c’est nous, les citoyens de gauche et de l’écologie à Antony, et au premier plan les citoyens et citoyennes militants de LFI.
Ce qui me semble dangereux n’est pas qu’on demande pourquoi il y a LFI. Toute question est bien légitime.
Ce qui me trouble, c’est que cette question vienne avant toutes les autres. Avant le programme. Avant le bilan du maire sortant. Avant l’état des écoles, de l’alimentation, des transports, de la propreté et de l’accès aux soins.
Et puis, on ne pose pas la question symétrique. Elle désintéresse, même.
Quand le maire sortant a comme colistier un candidat qui prône l’union de la droite et de l’extrême droite, ça n’est pas un sujet.
Quand pour la première fois une liste d’extrême droite se lance à Antony, ça ne vaut pas un haussement de sourcil (François La Selve, ancien responsable des Jeunes du Mouvement Conservateur, soutien d’Éric Zemmour). C’est aussi un ancien colistier du maire sortant.
Quand le gouvernement appointe une ministre, porte-parole du gouvernement (et désormais ministre de l’énergie) pour être le “pilote” des municipales à Antony, et qu’elle utilise son audience en tant que porte-parole pour critiquer notre liste, même en période de réserve, cette confusion des rôles et son usage du pouvoir national pour s’immiscer dans une campagne locale est un non sujet.
Quand une liste citoyenne et d’union de la gauche porte ensemble un programme municipal à Antony, ça fait scandale, au point qu’une autre ministre cite un antisémite notoire pour inviter à casser toute union de la gauche. Résultat : des menaces de mort pour nos militants.
Et ce qui choque, c’est l’union de la gauche.
Je ne peux pas cautionner cette instrumentalisation qui a pour unique but d’éviter toute union de la gauche, que le gouvernement redoute fortement depuis les législatives 2024, où ils espéraient être l’unique recours contre le RN, quitte à laisser le RN obtenir la majorité absolue à l’Assemblée Nationale.
Une élection municipale, ce n’est pas un référendum pour ou contre Jean-Luc Mélenchon : il n’est pas candidat à Antony.
Les trois quarts de l’investissement public en France passent par les collectivités locales. Notre maire pèse plus sur notre quotidien que la plupart des ministres.
C’est le choix de ceux qui vont gérer votre ville pendant six, peut être sept ans :
Et à Antony, après quarante ans de la même gestion, nous avons pour la première fois une alternative crédible et unie, portée par un programme construit avec les habitants et habitantes.
Ne laissons pas le débat national sur un parti - un, au sein d’une liste citoyenne rejointe par six formations de gauche et menée par un candidat non encarté - nous faire perdre de vue ce qui est réellement en jeu.
Nous votons pour des personnes, pour un programme.
Pas pour des partis nationaux.
Le choix est le nôtre : à nous de dessiner nos villes.
Votons.
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vendredi 20 mars pour notre grande réunion publique à l’Espace Vasarely,
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